Qui a dit quoi ? Avec Nelly Chatue-Diop

« Qui a dit quoi ? » est une série d’articles lancée par Coin24 ayant pour but d’interroger des acteurs francophones du monde de la crypto-monnaie et de la blockchain pour vous éclairer sur des concepts ou vous présenter des solutions ou des produits liés à cette industrie pleine d’avenir.

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Qui est Nelly Chatue-Diop ?

Nelly Chatue-Diop est CEO et cofondatrice d’Ejara, application mobile d’investissement basée sur la Blockchain. De formation ingénieur en informatique complétée par un MBA d’HEC Paris et London Business School, elle cumule une expérience  unique en Tech, Finance traditionnelle et Web 3.0 (IA, Blockchain) au sein de plusieurs comités exécutifs et conseils d’administrations.

Comment expliquez-vous que les crypto-devises aient entraîné une transformation technologique, voire économique et sociale, en Afrique ?

Pour Nelly, il est encore tôt pour parler de transformation économique et sociale en Afrique. Comme elle me l’explique, bien que le Bitcoin ait 12 ans, la technologie reste relativement jeune et la très grande majorité des échanges se font toujours via mobile money et avec des espèces dans les pays africains. Nous sommes donc encore loin de l’adoption générale des crypto-monnaies sur le continent.

Bien qu’il soit trop tôt pour parler de transformation économique et sociale, Nelly souligne que plusieurs facteurs peuvent expliquer la croissance de l’utilisation des crypto-monnaies dans de nombreux pays africains (et ailleurs dans le monde).

* Problèmes monétaires – Comme au Nigeria ou en Afrique du Sud avec la chute des cours face au dollar de plus de 50 % depuis la dernière décennie, les gens cherchent donc une alternative pour protéger leur épargne

* Connexion entre Silicon Valley et les écosystèmes technologiques liés – Bien que le Bitcoin ne soit pas né à San Francisco, de nombreux contributeurs y vivent, ainsi ce qu’il se passe à SF a tendance à être répliqué dans d’autres tech hubs avant de devenir mainstream

* ROI (Retour sur Investissement) – Le Bitcoin est le meilleur actif en terme de rendement sur cette décennie, alors il est difficile de passer à côté de tant de croissance

* Accès au monde : Dès le début des années 2010, le Bitcoin s’est positionné comme une monnaie utile pour toutes les personnes qui n’ont pas accès facilement au dollar ou à l’euro et/ou qui refusent de payer des frais chez Western Union ou des entreprises équivalentes

Quelles sont les raisons pour lesquelles tant de personnes sur le continent utilisent les crypto-devises ? Qu’en est-il de la blockchain ?

Comme Nelly me l’explique, la raison principale derrière l’utilisation des crypto-devises est que des jetons numériques comme le Bitcoin ont une réelle valeur, tant mondialement que localement, ce qui permet d’expliquer l’engouement qu’ont de nombreuses personnes pour ces actifs.

Quels sont donc les différents cas d’usages qui montrent en détail pourquoi de nombreux africains utilisent les crypto-monnaies ?

Paiements

* Commercer avec la planète entière sans passer par des intermédiaires

* Recevoir/envoyer des paiements instantanément avec des frais minimes (i.e blockchain Tezos)

* Être rémunéré en tant que freelancer en crypto-devises et avoir la possibilité de convertir la somme en monnaie locale (= travailler depuis chez soi pour n’importe quelle société dans le monde/e-commerce)

Transfert d’argent

* Remittance (envoi d’argent rapide et peu cher de la diaspora vers la famille en Afrique)

Hedging

* Protection contre les dévaluations monétaires

Investissement/Épargne

* Préparer sa retraite et/ou accroître son patrimoine (positionnement de la plateforme Ejara)

* Investir dans l’actif le plus rentable de la décennie

Blockchain

* Les dApps (applications décentralisées) sont encore à leurs balbutiements, que ce soit en Afrique ou ailleurs, et n’ont toujours pas réussi à avoir une adoption mainstream. Cependant des projets pilotes prometteurs sont initiés ici et là comme le cadastre avec Bitland au Ghana ou la récente opération financière de 400 millions de dollars du groupe marocain OCP vers l’Ethiopie par exemple.

Quelles sont les options les plus utilisées en Afrique pour obtenir des crypto-devises (autres que les plateformes d’échange) ?

Selon Nelly, les plateformes pair-à-pair sont fortement utilisées comme les plateformes d’échange pair-à-pair locales comme PaxFul ou LocalBitcoin, ou via les réseaux sociaux comme Facebook, WhatsApp ou encore Telegram. Bien que très peu présents sur le continent, les Distributeurs Automatiques sont aussi une option alternative utilisée.

Quels sont les jetons les plus prometteurs en 2021 ?

Il n’est pas surprenant que Nelly me réponde qu’il y existe beaucoup de jetons qui sont prometteurs. Cependant, elle ajoute que « très peu performent mieux que le Bitcoin ». Nelly préfère plutôt partager avec nous quelques techniques pour évaluer si un jeton vaut la peine d’y investir son temps et son argent.

Parmi les critères les plus importants à prendre en compte, il y a l’équipe derrière le projet, le projet en lui-même, ses perspectives de développement et quelques mesures clés.

* Équipe – Expérience des fondateurs et des contributeurs tech du projet, supporters du projet, etc.

* Projet – Quel problème ce jeton est-il censé résoudre ? Y a-t-il besoin d’un jeton pour résoudre cela ? En quoi la solution apportée par le jeton permet de résoudre le problème mieux que les alternatives existantes ?

* Métriques – Nombre de jetons total fini ou infini ? Capitalisation ? Liquidité ?

Qui a dit quoi ? Avec Nelly Chatue-Diop – Le mot de la fin

Nelly a développé Ejara – une plateforme d’investissement sécurisée africaine disponible à tous. Comme le précise Nelly, l’équipe essaie surtout de conquérir les africain(e)s et la diaspora. La plateforme a été créée pour permettre à de nombreux africain(e)s de participer à la révolution des crypto-monnaies de manière sécurisée depuis leur téléphone.

Ejara permet en effet d’acheter, de vendre et d’envoyer des crypto-monnaies (pour le moment le Bitcoin, l’Ethereum et le Tezos) et elle devrait très bientôt permettre de profiter d’actions fractionnées. Comme le souligne Nelly, la sécurité est un aspect important pour quiconque souhaite investir dans les crypto-monnaies. C’est pourquoi la plateforme Ejara propose un service permettant aux utilisateurs de conserver la gestion totale de leurs fonds.

Il y a beaucoup d’arnaques sur des plateformes locales avec un modèle prévalent qui semble être la collecte des fonds des clients sous des promesses fallacieuses et délirantes de ROI extraordinaires, puis la boîte ferme du jour au lendemain, car ce sont surtout des pyramides de Ponzi. Sur Ejara chacun a la pleine propriété de son portefeuille et est donc libre d’en disposer comme bon lui semble. Nous n’avons jamais accès aux actifs de nos clients, ni ne collectons leurs fonds car nous ne sommes pas une banque ni n’avons les licences requises pour cela. Nous sommes avant tout ce qu’on appelle communément un « non custodial wallet » c’est à dire un portefeuille décentralisé.

Merci à Nelly Chatue-Diop d’avoir participé à cette édition de Qui a dit quoi !

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