Qui a dit quoi ? Avec Ludovic Paguet

« Qui a dit quoi ? » est une série d’articles lancée par Coin24 ayant pour but d’interroger des acteurs francophones du monde de la crypto-monnaie et de la blockchain pour vous éclairer sur des concepts ou vous présenter des solutions ou des produits liés à cette industrie pleine d’avenir.

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Qui est Ludovic Paguet ?

Ludovic est passionné par la blockchain depuis maintenant 7 ans. Il est ingénieur de formation et extrêmement curieux de tout ce qui touche les nouvelles technologies décentralisées. En 2018, avec deux associés, il lance le projet Ipocamp qui a pour but de certifier l’antériorité et la paternité d’une création grâce à la blockchain. Il occupe une bonne partie de son temps à vulgariser cette magnifique technologie qu’est la blockchain.

D’où vient l’idée d’Ipocamp ?

Ipocamp vient du constat qu’il est aujourd’hui compliqué pour les artistes et les entreprises de protéger régulièrement leurs créations et leurs savoirs faire, car c’est soit coûteux, soit fastidieux.

Comme le rappelle Ludovic, la blockchain agit comme un grand livre de compte distribué sur lequel les informations inscrites ne peuvent être ni modifiées ni supprimées. C’est pourquoi cette technologie apporte de nombreux aspects innovants qui permettent d’authentifier et de certifier l’origine de produits ou de services en assurant un certain degré de transparence et d’immuabilité.

Ces qualités sont essentielles à ce que propose Ipocamp, à savoir un outil permettant aux utilisateurs de protéger leurs créations n’importe où dans le monde et de manière illimitée grâce à la technologie blockchain. On peut ainsi dire qu’Ipocamp offre une solution qui certifie « qui fait quoi, avec qui et quand ».

Ipocamp propose de façon simple et rapide de protéger n’importe quel type d’actif immatériel avec la blockchain. Nous générons un certificat reprenant les principales informations du document en question et son empreinte numérique (c’est un peu comme une empreinte digitale qui est donc unique au document).

Il comporte aussi le lien de l’explorateur blockchain où se situe la transaction contenant cette empreinte numérique. Contrairement à une enveloppe Soleau, qui a une durée de vie et qui est seulement valable en France, la preuve blockchain n’a pas de date de validité et n’a pas du tout de frontière. Nous avons déjà protégé des clients en Australie, en Amérique du Nord et même au Brésil…

Quel type de créations proposez-vous de protéger via Ipocamp ?

Ludovic souligne d’abord que l’entreprise n’a accès à aucun document ou contenu des créateurs. Ipocamp a seulement accès à l’empreinte numérique laissée par les créations. Les documents restent donc strictement confidentiels et le créateur est le seul et l’unique personne détenant le contenu de ses œuvres.

Ipocamp n’a accès à aucun document déposé par ses utilisateurs. Nous calculons simplement l’empreinte numérique du document en front (côté utilisateur).

Ipocamp a pour but de protéger tout type d’œuvres et de créations comme me l’explique Ludovic, qu’il s’agisse de quelque chose provenant d’une activité intellectuelle ou artistique.

La solution peut par exemple protéger des livres, des dessins, des peintures ou des sculptures, des chorégraphies, des compositions musicales, des vidéos, des photographies, de l’architecture, des logos, des plans, des poésies, des brevets ou d’autres titres de propriété industrielle.

Ayant pas mal de fois discuté avec nos utilisateurs, on a pu s’apercevoir qu’il y a vraiment tout type de créations artistiques (tableaux, photos, chansons, vidéo YouTube…), mais aussi tout type de créations dans le domaine des affaires (logos, business plan, cahiers de laboratoire…).

Travaillez-vous principalement avec des entreprises ou des particuliers ?

Ludovic me dit que la société travaille aussi bien avec des entreprises qu’avec des particuliers. Bien que le premier secteur où Ipocamp se soit démarqué est celui des particuliers, l’équipe a récemment développé le secteur des entreprises, notamment grâce à l’arrivée du nouveau PDG, Richard Mekouar.

Nous avons plus de 5 000 utilisateurs actifs sur Ipocamp et un même nombre de dépôts par mois.

Comment la blockchain permet-elle de mieux protéger les créations intellectuelles ?

La preuve via blockchain présente plusieurs avantages.

D’abord, elle est beaucoup moins chronophage que d’autres solutions plus classiques, car elle peut être délivrée en quelque seconde. Ensuite, elle permet de profiter d’une preuve internationale sans frontière vérifiable par tous à tout moment et partout dans le monde. Enfin, puisqu’elle permet d’horodater de façon immuable les actifs immatériels sans tiers de confiance vous pouvez vous protéger quel que soit le statut de votre création.

Par exemple, un brevet peut mettre des années à se déposer. Se protéger au fil de l’eau permet d’éviter les fuites de savoir des collaborateurs travaillant sur celui-ci. Une transaction dans la blockchain prend seulement quelques secondes.

La loi française reconnaît-elle vraiment la preuve fournie par la blockchain ?

Comme l’explique le site d’Ipocamp, le droit français admet deux genres de preuves, les preuves dites « parfaites » et les preuves dites « imparfaites ».

Pour qu’une preuve soit reconnue par la loi, il faut qu’« elle soit établie par un officier public ayant la compétence de dresser un acte selon un certain formalisme pour garantir sa validité, son absence de contrariété à l’ordre public ainsi qu’aux droits des tiers ».

La preuve par blockchain appartient donc à la catégorie des preuves dites « imparfaite ». Ludovic me confirme que dans le domaine du droit d’auteur, il est possible d’apporter au juge n’importe quel type de preuve. La preuve blockchain est une preuve mathématique qui est donc bien évidemment acceptée. Cependant, il faut noter qu’il n’y a pas encore eu de jurisprudence en France (bien qu’il y en a eu quelques-unes à l’étranger).

Qui a dit quoi ? Avec Ludovic Paguet – Le mot de la fin

Pour terminer, je demande à Ludovic pourquoi Ipocamp a choisi de travailler avec la blockchain Tezos.

Entre 2017 et 2020, nous étions sur la blockchain Ethereum. Mais début 2021, les frais de transactions du réseau Ethereum étaient vraiment élevés. Le nombre de transactions était bridé dû à la non scalabilité actuelle du réseau Ethereum. Notre équipe a longuement réfléchi pour savoir sur quelle technologie switcher par exemple les layers 2 d’Ethereum. Mais nous avons choisi de passer par Tezos pour sa scalabilité, ses frais réduits et surtout sa décentralisation qui est un acteur clé de notre benchmark. Les layers 2 étant encore actuellement trop centralisées pour nous.

Merci à Ludovic de nous avoir parlé d’Ipocamp et de son service pour protéger en temps réel diverses créations à l’international !

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