Qui a dit quoi ? Avec Junie Maffock

« Qui a dit quoi ? » est une série d’articles lancée par Coin24 ayant pour but d’interroger des acteurs francophones du monde de la crypto-monnaie et de la blockchain pour vous éclairer sur des concepts ou vous présenter des solutions ou des produits liés à cette industrie pleine d’avenir. 

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Qui est Junie Maffock ?

Je suis Junie Maffock, ingénieure en Informatique de formation et passionnée par la technologie blockchain. Je me suis donnée pour mission de contribuer à la démocratisation de cette technologie et de promouvoir les avantages qu’elle pourrait offrir au continent africain et au monde de manière générale. Pour atteindre cet objectif, je rédige des articles sur le sujet pour des médias spécialisés. J’ai également fondé le média Blockchain for Africa dont le but est d’introduire la façon dont la blockchain peut aider les africains à mieux vivre. Dans la même lancée, j’ai réjoint la Blockchain Association Cameroon où j’occupe la fonction de responsable de la communication.

Vous êtes responsable de la communication de la Blockchain Association of Cameroon. Pourriez-vous nous parler de cette association ?

La Blockchain Association of Cameroon est une organisation à but non lucratif dont l’objectif est de populariser la technologie blockchain et les crypto-monnaies au Cameroun. Elle agit simultanément comme un facilitateur pour aider les entreprises et les organisations qui souhaitent profiter des avantages de la technologie blockchain, comme un intermédiaire pour rapprocher l’offre et la demande au sein de cet écosystème, comme un accompagnateur pour aider à réguler ce secteur au niveau national et comme un éducateur pour informer et sensibiliser aux bénéfices de ces technologies.

Pensez-vous que les crypto-devises et la blockchain aient entrainé une transformation au Cameroun et sur le continent africain en général ?

Bien que les crypto-monnaies soient de plus en plus populaires et que leur adoption soit en augmentation croissante, Junie m’explique que les crypto-devises et la blockchain sont encore très peu ou mal connues en Afrique et qu’elles trop sont souvent encore associées aux arnaques. Malgré tout, il semblerait que la partie de la population du continent qui s’est intéressée à ce domaine et qui le maîtrise aient réussi à en profiter.

Il existe un réel engouement pour ces technologies de la part des personnes qui ont réussi à les appréhender. En effet, le constat est que les crypto-actifs ont fait germer la graine de trader qui sommeillait chez de nombreux Africains. Certains arrivent même à vivre des revenus obtenus en exploitant la volatilité des cours des crypto-devises.

Ainsi, Junie souligne qu’il y a deux nouvelles vagues d’entrepreneurs qui sont apparus sur le continent. D’une part, ceux qui tentent de faciliter l’investissement dans les crypto-actifs, et d’autre part, ceux qui exploitent la blockchain pour résoudre des problèmes sociétaux et institutionnels.

Quelles sont les utilisations de la blockchain les plus pertinentes sur le continent ?

Junie souligne que la transparence est l’une des caractéristiques de la blockchain qu’elle apprécie le plus et l’une des valeurs qui fait encore défaut au Cameroun et en Afrique en général.

C’est la raison pour laquelle la fraude (corruption, détournement de fonds…) est si répandue sur notre continent. En ce sens, je pense que la blockchain pourrait révolutionner les systèmes de gouvernance (services publics, vote, démocratie…).

Il existe également un énorme potentiel en ce qui concerne le système de santé, notamment pour ce qui est de la prise en charge des patients (consultations, examens, prescriptions médicales), de la traçabilité des médicaments (lutte contre les contrefaçons) et du suivi de la distribution des dons d’organes et de sang (souvent détournés par le personnel médical).

Junie m’explique aussi que la blockchain pourrait faire passer la notion de propriété à un autre niveau sur le continent. La tokenisation des actifs permettrait, par exemple, de résoudre les problèmes de gestion cadastrale (comme un terrain vendu à plusieurs personnes simultanément). Cette fonctionnalité peut aussi être étendue à des domaines comme l’investissement et l’art.

Quels sont les jetons les plus populaires sur le continent et comment la population se procure-t-elle ces jetons ?

Pour Junie, le Bitcoin (BTC) est incontestablement le jeton le plus populaire sur le continent africain. Cependant, elle souligne la croissante popularité d’autres crypto-monnaies comme le Tezos (XTZ) ou le Binance Coin (BNB).

Au-delà d’être le jeton le plus populaire, le Bitcoin est la monnaie la plus accessible en Afrique, car toutes les places de marché le proposent. Junie m’explique que s’en procurer, la population se tourne vers des plateformes d’échange internationales comme Binance ou des plateformes pair-à-pair (P2P) comme Paxful. Certaines plateformes locales commencent même à proposer des services vraiment intéressants pour la population.

Localement, des exchanges tels que Ejara et Pursa tirent leur épingle du jeu puisqu’ils intègrent les paiements par mobile money. En passant par ces derniers, les frais sont certes plus élevés, mais il est important de préciser que nous sommes dans une zone à faible taux de bancarisation. De plus, pour l’instant, la plupart d’entre nous ne sont pas très à l’aise avec l’idée de renseigner les informations de leur carte de crédit sur Internet.

Consulter notre édition avec Nelly Chatue-Diop, CEO et cofondatrice d’Ejara, application mobile d’investissement basée sur la blockchain.

Qui a dit quoi ? Avec Junie Maffock – Le mot de la fin

Comme beaucoup d’investisseurs et hommes d’affaires  l’ont déclaré – comme Jack Dorsey, le PDG de Twitter, ou le rappeur Akon – l’Afrique pourrait être l’avenir pour le secteur des crypto-monnaies. C’est pourquoi de nombreux investissements sont fait sur le continent africain pour soutenir le développement et l’adoption des crypto-devises et de la blockchain en Afrique.

Récemment, Jack Dorsey, a annoncé vendredi qu’il allait s’associer au rappeur Jay-Z pour faire don de 500 Bitcoins (soit près de 23,6 millions de dollars au moment de l’annonce) pour créer un nouveau fonds pour soutenir le développement du Bitcoin en Afrique et en Inde.

Mais ces investissements sont-ils vraiment surprenants ? Le continent africain est après tout l’un des marchés technologiques connaissant la croissance la plus rapide au monde ! Je demande donc à Junie si elle pense aussi que le futur des crypto-devises est en Afrique.

Je dirais même mieux. L’avenir de la blockchain – cela inclut les crypto-actifs, la finance décentralisée, les contrats intelligents, les applications décentralisées… – est en Afrique. La blockchain est avant tout au service de l’Humain. Il va sans dire qu’elle trouvera une place de choix au sein du « berceau de l’humanité ».

Merci à Junie Maffock d’avoir partagé sa vision des crypto-devises et de la blockchain en Afrique dans cette édition !

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