Qui a dit quoi ? Avec Josselin Tonnellier

« Qui a dit quoi ? » est une série d’articles lancée par Coin24 ayant pour but d’interroger des acteurs francophones du monde de la crypto-monnaie et de la blockchain pour vous éclairer sur des concepts ou vous présenter des solutions ou des produits liés à cette industrie pleine d’avenir. 

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Qui est Josselin Tonnellier ?

C’est à Montréal que Josselin tombe dans le Bitcoin alors qu’il travaille dans les effets  visuels pour le cinéma hollywoodien. Il y rencontre des entrepreneurs et des acteurs de Bitcoin local et revient en France, afin de rendre le Bitcoin accessible au plus grand nombre. Dans un premier temps en s’associant avec Jonathan Herscovici et Mathieu Gilardet pour développer StackinSat qui invente le Plan Epargne Bitcoin et permet un accès facile à l’investissement dans le Bitcoin. Ensuite avec Surfin Bitcoin, une conférence dont l’objectif est de faire comprendre Bitcoin au public Francophone.

Alors que vous préparez la deuxième édition de la conférence Surfin’ Bitcoin (les 26 et 27 août 2021 au Casino de Biarritz), pensez-vous qu’il existe une réelle désinformation autour des crypto-monnaies qui freine leur adoption ?

Pour Josselin, les médias grand public aiment bien présenter le Bitcoin sous un angle défavorable, ce qui a tendance à entraîner une certaine forme de désinformation. Certains font de la désinformation par intérêt personnel d’autre par simple méconnaissance du sujet, par manque d’ouverture d’esprit ou simplement pour faire le buzz. Dans tous les cas, pour quelqu’un qui connait le sujet, la désinformation est facilement détectable ajoute Josselin.

On dit souvent qu’il ne faut pas demander à un taxi ce qu’il pense d’Uber, de la même façon, on ne demande pas à un banquier ce qu’il pense du Bitcoin. Leurs réponses sont très probablement biaisées par leurs positions et intérêts respectifs.

La question est de savoir si cette désinformation freine l’adoption du Bitcoin…

Je ne le pense pas, et la dernière vague d’adoption suite à la crise économique causée par la réaction à la COVID-19 en est la preuve. La population, après avoir été habituée à l’austérité pour limiter l’endettement, voit que l’argent magique existe en pratique et que l’impression monétaire sans limite est possible. Les confinés les plus curieux ont cherché à comprendre comment cela est possible et, au fil de leurs recherches, croisent tôt ou tard les portes de sorties au système de monnaie-dette actuel : l’or physique et le Bitcoin.

Comme me l’explique Josselin, c’est justement pour sortir de cette désinformation que la conférence Surfin’ Bitcoin a été lancée avec pour objectif premier est de proposer un regard éclairé sur le Bitcoin à travers des prises de parole d’intervenants reconnus pour leur expertise.

Le Bitcoin est un vaste sujet qui peut paraître très difficile à comprendre car il faut être en mesure d’appréhender un nouveau paradigme et remettre en question le fonctionnement de la monnaie. En réalité, il est bien plus facile de comprendre le fonctionnement de Bitcoin que le celui du système monétaire et financier actuel !

Quelles sont les idées reçues les plus fréquentes sur le Bitcoin ?

Puisque la désinformation est importante lorsqu’il s’agit des crypto-monnaies, je demande à Josselin quelles sont les idées reçues qui lui semblent revenir le plus souvent quand il s’agit du Bitcoin.

On peut dire que les 3 principales idées reçues sont les suivantes : le Bitcoin n’est qu’un outil spéculatif, le Bitcoin n’est utile que pour les activités illégales ou encore le Bitcoin pollue et va faire brûler la planète.

Les personnes qui se contentent d’écouter le Journal de 20h de France 2 ou de TF1, ou plus généralement les médias grands publics, risquent d’entendre ce genre de désinformation. C’est triste mais c’est encore une réalité aujourd’hui.

L’une des raisons qui a poussé Josselin et ses partenaires à créer la conférence Surfin’ Bitcoin est de démontrer que ses idées reçues sont fausses. L’un des thèmes principaux de cette édition 2021 sera sur le « Bitcoin et l’Écologie » – sujet qui fait beaucoup la une ces derniers temps, car il est souvent reproché à Bitcoin de gaspiller de l’énergie et de polluer énormément le planète à cause de son activité de minage qui, il est vrai, consomme énormément d’énergie.

Contrairement au moteur à combustion de votre automobile, un mineur de Bitcoin (tout comme votre ordinateur) n’émet pas de CO2 mais seulement de la chaleur et des hashs pour sécuriser le réseau Bitcoin. L’émission de CO2 par un ordinateur de minage dépend donc de la façon dont l’énergie est produite et non pas de son utilisation par les mineurs.

Pour faire simple, Josselin m’explique que les mineurs de Bitcoin ne sont pas spécialement préoccupés par les enjeux environnementaux. Leur seul leitmotiv est de réduire leur facture d’électricité. Ils sont donc simplement à la recherche de l’énergie la moins chère afin d’optimiser au mieux le coût d’exploitation de leur activité de minage.

Si les énergies à faible impact environnemental sont les moins chères, les mineurs les utilisent en priorité, si les centrales à charbon sont subventionnées avec un faible coût du Kw/h, les mineurs se branchent alors sur l’électricité peu chère mais très polluante. Le « mix énergétique durable » de l’industrie du minage est de 56 %, ce qui en fait l’une des industries les plus durables au monde contrairement aux idées reçues (source : ici).

Le minage de Bitcoin incite aussi les mineurs à l’ingéniosité pour réduire leurs coûts opérationnels. La chaleur émise par les ordinateurs des mineurs peut par exemple être exploitée pour chauffer des serres au Canada ou encore comme chauffe-eau avec des solutions comme Sato de WiseMining qui est partenaire de Surfin’ Bitcoin.

Les mineurs de Bitcoin peuvent aussi permettre de rentabiliser et de développer des infrastructures électriques. Par exemple, un vaste plan de construction de centrales hydroélectriques est supporté par les installations de minage de Bigblock Data Center, également partenaire de la conférence, dans le parc national des Virunga en  République démocratique du Congo.

Les critiques de la consommation énergétique de Bitcoin viennent très souvent de ceux qui ne comprennent pas l’utilité de Bitcoin et donc ne voient pas l’intérêt de dépenser autant d’énergie pour quelque chose d’inutile souligne Josselin.

Ces mêmes personnes ne critiquent pas forcément l’énergie dépensée par les sèches linges car son utilité est facile à comprendre et cela améliore le confort de vie… même s’il suffirait d’être patient et de laisser le linge sécher naturellement en utilisant 100 % d’énergie renouvelable. Une fois qu’on a compris l’intérêt et les bénéfices de Bitcoin, on se rend compte que l’énergie dépensée par le réseau est bien faible comparé aux services rendus.

Pour les curieux qui ont envie d’en savoir plus, Josselin partage deux sources : le rapport de Laurent Benichou ou encore le papier de Sébastien Gouspillou « Le bitcoin ne fera pas rôtir la planète ».

Qui ciblez-vous avec la conférence Surfin’ Bitcoin ?

Pour cette deuxième édition, Surfin’ Bitcoin propose des contenus pour tout type de public (elle devrait accueillir près de 1 000 personnes de tout horizon). Josselin souligne que le contenu du jeudi 26 août s’adresse plutôt aux experts qui s’intéressent au Bitcoin depuis plusieurs années, alors que celui du vendredi 27 août cible plutôt un public de débutant ou de néophyte.

De manière générale, tout le monde devrait apprendre énormément de choses à Surfin’ Bitcoin. Que cela soit les spécialistes, les curieux, les sceptiques du Bitcoin voire même les simples touristes de passage à Biarritz !

Les professionnels et les passionnés du Bitcoin vont prendre beaucoup de plaisir à participer à la conférence. Ils pourront se tenir au courant des dernières avancées liées au Bitcoin et surtout faire du networking pour discuter avec les copains après autant de mois sans s’être vu en « vrai ».

Par ailleurs, les sociétés qui veulent savoir comment accepter Bitcoin comme moyen de paiement ou bien encore convertir une partie de leur trésorerie en Bitcoin sont les bienvenus.

Josselin souligne qu’il y aura aussi un cocktail dînatoire jeudi soir sur le rooftop du Casino, ce qui sera l’occasion pour tous de discuter avec les intervenants et les bitcoineurs de la première heure.

Que cherchez-vous à atteindre avec Surfin’ Bitcoin ?

Notre objectif est, d’une part, de démocratiser le Bitcoin au plus grand nombre en proposant le meilleur contenu possible en français sur le Bitcoin et, d’autre part, de sortir des idées reçues véhiculées par les banquiers et les institutions financières au sujet du Bitcoin.

C’est aussi une fierté pour nous de réunir l’écosystème du Bitcoin francophone afin que des échanges et des connexions se fassent dans notre industrie. Le potentiel économique du Bitcoin est très important et les entrepreneurs français peuvent avoir un rôle à jouer dans cette compétition internationale.

Josselin m’annonce qu’ils ont invité des membres du gouvernement à venir s’exprimer sur le Bitcoin pour obtenir la position de la France sur les évolutions en cours dans le paysage monétaire international avec notamment Le Salvador qui vient de décréter Bitcoin comme monnaie ayant cours légal. Les organisateurs espèrent que le ministre de l’Economie Bruno Lemaire pourra faire le déplacement à Biarritz cet été pour la conférence.

À quoi doivent s’attendre les participants ?

Nous avons invité plus de 40 intervenants à venir s’exprimer pour cette deuxième édition ! C’est la première fois qu’en France une conférence réunit autant de personnalités pour parler du Bitcoin et uniquement du Bitcoin.

Nous aurons notamment le privilège d’accueillir :

Pascal Gauthier, le CEO de Ledger, la licorne française qui vient de lever 380 millions de dollars. Il va nous présenter sa vision du Bitcoin pour les prochaines années. Comme l’année dernière, il nous réserve aussi une annonce exclusive !

Nicolas Dorier, à l’origine du projet BTCpay, une solution permettant de proposer une solution de paiement Bitcoin pour les e-commerçants. Il arrive spécialement du Japon pour le plus grand plaisir des participants

Nicolas Burtey, le CEO de Galoy, va nous faire une démonstration de l’utilisation du Lightning Network sur la scène principale. Sa société est à l’origine de « Bitcoin Beach » au Salvador, dont 75% de la population est non bancarisée. Cette solution permet d’équiper des milliers de personnes en outil de paiement Bitcoin. Il va également intervenir sur la table ronde « Les principaux pays qui utilisent le Bitcoin et pourquoi est-ce devenu presque indispensable à leur survie ? ».

Josselin m’explique qu’il y aura également des présentations « keynote » et des tables rondes sur la scène principale avec des workshops pour approfondir certains sujets. Ce format est bien plus interactif que la conférence, car les participants auront la chance d’échanger avec les intervenants plus directement.

Et enfin, nous proposons un « Parcours de découverte Bitcoin » en partenariat avec Rogzy de la chaîne découvre Bitcoin. Ce parcours permettra, notamment au débutant, de s’immerger très simplement dans le monde merveilleux du Bitcoin.

Si vous souhaitez obtenir le programme complet de la conférence, veuillez cliquer ici.

Qui a dit quoi ? Avec Josselin Tonnellier – Le mot de la fin

Josselin a co-fondé le plan épargne Bitcoin StackinSat avec Jonathan Herscovici, qui permet d’investir régulièrement dans le Bitcoin sans avoir à se soucier du prix d’achat. Je lui demande alors s’il pense que le Bitcoin est un actif pertinent pour les Français dans une stratégie d’épargne.

Pour lui, le Bitcoin est extrêmement pertinent dans une stratégie de diversification car il est fortement corrélé des autres actifs (actions en bourse, obligations, immobilier, métaux précieux…).

Le potentiel de croissance de Bitcoin dans les 5 prochaines années est très important, le ratio rendement / risque qui permet de mesurer l’efficacité d’un placement positionne Bitcoin comme le meilleur investissement de ces 10 dernières années. Cette dynamique devrait continuer, voire même s’accélérer, au vu de l’usage grandissant du Bitcoin en tant que réserve de valeur ou bien encore de monnaie d’échange.

Un petit pourcentage (entre 1 et 5 % par exemple) de votre patrimoine alloué au Bitcoin peut permettre d’ajouter une performance importante à votre portefeuille financier. Et si par malheur le Bitcoin venait à disparaître, seule une toute petite partie de votre patrimoine serait impactée. Le rapport entre les gains potentiels et le risque de mort du Bitcoin reste en la faveur d’un investissement d’une petite part de votre patrimoine dans le Bitcoin.

Pour Josselin, sous sommes dans la dernière phase « d’abondance » pour Bitcoin, la création de nouveaux Bitcoins est divisée par deux tous les 4 ans. Pour rappel, chaque mineur qui publie un nouveau bloc de transaction est récompensé par de nouveaux BTC et cette récompense sera divisée par deux en mai 2024. À ce moment-là, il y aura donc deux fois moins de nouveaux Bitcoins mis en circulation après cette date.

En fin d’année 2021, nous serons à 90 % de la masse monétaire en circulation, en 2026 95 % des Bitcoins seront émis et 99 % en 2035. Le dernier pourcent ne sera mis en circulation qu’en 2014. Il est donc judicieux d’accumuler des satoshis aujourd’hui avant que 99 % des Bitcoins n’aient été minés dans moins de 15 ans, soit une génération.

Je demande ensuite à Josselin s’il pense que l’investissement récurrent dans le Bitcoin (méthode Dollar Cost Averaging – DCA) est la méthode idéale pour limiter les risques lors d’un investissement dans le jeton.

Il m’explique que le prix du Bitcoin est très volatile et que personne ne connaît l’évolution de son prix à court terme. Il est donc très difficile (voire impossible) de savoir à l’avance quel est le meilleur moment pour acheter du Bitcoin.

L’investissement programmé aussi appelé investissement récurrent est le terme français pour la stratégie du « Dollar Cost Averaging » ou « DCA Bitcoin ». C’est exactement ce que nous proposons à travers le Plan Epargne Bitcoin de StackinSat !

Le principe est très simple : convertir à fréquence régulière une quantité d’euros en Bitcoins – par exemple, 50 € tous les lundis. Ceci permet de lisser son point d’entrée dans le temps pour réduire le risque du placement. La période récente illustre parfaitement la volatilité du Bitcoin et l’intérêt d’avoir un Plan Epargne Bitcoin.

En effet, en mars 2020, suite au répercussion de la crise liée à la COVID-19, le Bitcoin a rapidement chuté de plus de 60 %, passant d’environ 10 000 € à moins de 4 000 €… et 400 jours après le « crash », le jeton se trouve à environ de 56 000 € soit un prix multiplié par 14 souligne Josselin ! Plus de 3 mois après ce nouveau plus haut historique, le prix du BTC oscille entre 25 000 € et 33 000 €. C’est donc un Bitcoin qui se négocie entre 40 et 55 % moins cher que son dernier prix le plus haut, m’explique Josselin.

Si vous avez la conviction que le Bitcoin ne dépassera jamais les 55 000€, il est évident qu’il n’y a aucune raison d’ouvrir un Plan Epargne Bitcoin. En revanche, si vous pensez que Bitcoin peut facilement dépasser les 100 000 € dans les prochains mois ou les prochaines années, l’investissement récurrent est un outil extrêmement puissant tout en restant d’une facilité déconcertante. Tout se fait automatiquement sans avoir à se préoccuper du prix, « setup and forget » !

Si vous ne souhaitez pas rester derrière votre écran à analyser le cours du Bitcoin pour trouver le moment le plus profitable pour acheter des BTC, l’investissement récurrent est une très bonne méthode, simple et efficace sur le long terme.

Donc oui, la méthode du DCA Bitcoin est la méthode idéale pour limiter les risques tout en contrôlant son budget mais à condition d’avoir un objectif long terme (4 à 5 ans minimum).

Merci à Josselin Tonnellier de nous avoir parlé des idées reçues sur le Bitcoin, de nous avoir présenté la conférence Surfin’ Bitcoin et d’avoir expliqué ce qu’est la technique de l’investissement récurrent  !

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