Interview: Brice Berdah, «Community Lead » du projet Monolith (TKN)

Bienvenue sur PassionCrypto.com pour cette interview nous avons contacté Brice de chez Monolith (TKN)

1.Pourriez-vous vous présenter et nous dire quel est votre poste au sein de Monolith (TKN)?

Bonjour. Je suis Brice, 27 ans, «Community Lead » du projet Monolith. J’assure le lien entre nos utilisateurs, notre communauté, et notre équipe. Je suis là pour m’assurer qu’on soit visible, aussi bien en ligne que hors ligne. Concrètement, ça se traduit par des fonctions diverses en fonction des besoins du moment, dont : la gestion de nos différents réseaux (Twitter, Reddit, etc.) et de notre communauté (Discord / Telegram), la production de contenu pour notre blog, ou encore la participation à ou l’organisation d’évènements ou d’interviews et toute autre chose qui peut aider à renforcer le lien entre notre communauté et notre équipe.

2.Quel est votre parcours professionnel?

Je monte et contribue à différents projets depuis bientôt une dizaine d’années maintenant, donc je vais me contenter des grandes lignes. J’ai donc commencé par des projets personnels avec mon frère, qui a un profil plus technique — c’est un ingénieur. En tout et pour tout, dans ma carrière, j’ai fait 2 mois dans une “grosse” boite. Ça m’a suffit pour comprendre que ça n’était pas pour moi — tout est beaucoup trop lent et bureaucratique. Je me suis donc rapidement concentré sur des projets plus jeunes et innovants. Je m’intéresse beaucoup aux dimensions techniques des sujets que je traite, et je pense mon appétence pour ces sujets est ce qui me distingue en tant que communiquant. J’adore prendre des sujets complexes et cryptiques et réussir à en tirer une histoire que tout le monde pourra comprendre. Plus que le type de boite en elle-même, ce qui compte pour moi c’est l’objectif à long terme et la portée éthique de celui-ci. Quand je commence à travailler avec une nouvelle boite, je me pose la question suivante : “En cas de succès absolu et idéal, est-ce que nos utilisateurs / le monde se portera mieux ?”. Je pense que c’est une bonne question à se poser. Personnellement, je ne suis pas en mesure de rester motivé pour une longue période quand la réponse est négative, donc je fais très attention avant de m’engager.

3.Qu’est-ce qui vous a attiré dans le domaine cryptographique?

Depuis que je suis ado, je m’intéresse à le technologie en général et je partage à ce sujet. Je suis dégoûté par l’état de l’internet aujourd’hui. Quasiment TOUS les sites placent un mouchard de Google (Google Analytics) et une myriade de trackers (30-50 par sites, quand on considère la presse FR par ex). J’ai écrit à ce sujet en français. C’est une folie sans nom: données pillées, gaspillage inutile d’énergie et de temps, risques de sécurité pour les utilisateurs, etc. Si tu prends une page lambda du web aujourd’hui comme le NY Times, environ 80% du poids de la page que tu télécharges est de la pourriture : trackers, scripts, pixels, publicité… Désolé pour la petite parenthèse, mais je pense qu’elle illustre bien ma perspective là-dessus : de la tech oui, mais pas n’importe comment. Je suis très frustré de voir qu’on commence à peine à réaliser aujourd’hui la dimension politique de projet comme Facebook ou Google — ce sont des projets politiques, depuis le début. Il n’y a pas de projet tech de grande envergure qui n’a pas de dimension politique. Avant l’émergence des blockchains, les moyens qu’on avait pour échanger des informations et organiser une collaboration n’étaient pas suffisant pour résister durablement aux pressions externes. On a désormais tous les outils techniques, ou presque, pour organiser la collaboration de milliers voir millions de personnes, de manière décentralisée, sans que des gouvernements ou sociétés puissent les arrêter. Certains gens prennent peur à cette idée, moi au contraire je me réjoui : les outils de la “résistance” sont là, il ne reste plus qu’à l’organiser !

4.Pourriez-vous me parler de Monolith (TKN) et de son équipe ?

Avec plaisir ! Monolith est un projet fascinant à plus d’un titre. L’ambition est de proposer une alternative totalement décentralisée et “trustless” (tu n’as pas besoin de faire confiance à un intermédiaire) à un service bancaire. Le but, c’est de faire en sorte qu’il soit possible de fermer son compte en banque et vivre entièrement en crypto, dès aujourd’hui. Pour cela, on a du relevé plusieurs challenges, et bien sûr, ils nous en reste encore ! Tout d’abord, il fallait résoudre la question de la mobilité. Avant Monolith, les solutions les plus sûres pour sécuriser des cryptos, c’était des choses comme le Ledger. Tu as un objet physique, un code à retenir, il te faut un ordinateur pour interagir avec… Pas pratique pour acheter ta baguette le matin ! Pour résoudre ce problème, on utilise le potentiel offert par Ethereum : nos utilisateurs stockent leur fonds dans un smart contract que eux-seuls gouvernent. Utiliser un smart contract permet à l’utilisateur d’implémenter une logique qui gouverne les mouvements sur son compte. Il peut ainsi définir une limite de dépense journalière ou une liste blanche. Ensemble, ces deux fonctions protègent le wallet, même si la clef privé de celui-ci est compromise ! Cette solution nous permet de proposer un wallet mobile qui est aussi voir plus sécurisé qu’un Ledger. Voici donc pour la sécurité en mobilité. Il nous restait un problème après ça : ma boulangère, elle accepte par encore ETH ou DAI comme moyen de paiement. Ça va prendre du temps pour en arriver là. En attendant, il nous fallait une solution, un cheval de Troie pour propager Ethereum : on propose donc à nos utilisateurs une carte de crédit Visa qui est synchronisée avec leur wallet. Ils peuvent passer de l’un à l’autre en quelques secondes. La carte marche partout (en ligne, Google Pay, sans contact, etc.) ce qui permet effectivement à nos utilisateurs de couvrir n’importe quelle dépense avec des ETH, DAI, et autres tokens ERC20.

5.Pourriez-vous me parler de votre Blockchain et la différence avec vos concurrents?

Monolith s’appuie sur Ethereum. Pour faire simple et bref, Ethereum n’a tout simplement pas de concurrence décente pour le moment, lorsqu’on considère les applications financières. En effet, outre le protocole lui-même (Ethereum), il faut beaucoup de briques intermédiaires pour pouvoir développer des services crédibles : stablecoin, protocoles pour les prêts, échanges ou dérivés, tokens non fongibles, etc. Les concurrents d’Ethereum, à l’heure actuelle n’ont même pas encore de stablecoin crédible. La question est donc très vite réglée lorsque l’on s’intéresse à la finance décentralisée. En termes de notre service lui-même, nous n’avons pas de concurrent direct. En effet, bien qu’ils existent d’autres services qui proposent une carte permettant de dépenser des cryptos, ceux-ci sont tous centralisés et “custodiels”. Contrairement à Monolith, leurs utilisateurs doivent renoncer au contrôle de leur cryptomonnaies pour pouvoir les dépenser sur leur carte. Au bout du compte, nos concurrents, ce sont les banques ; aussi bien celles du monde d’hier (LCL, CA, etc.) que les “néo-banques” (N26, Boursorama, etc.) qui ne sont rien d’autres qu’un ravalement de façade qui ne change rien aux fondamentaux du service.

6.Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vos projets à venir ?

Maintenant que nous avons une base solide, avec notre wallet, la carte qui est disponible dans 31 pays en Europe, et nos applications publiées sur le Play Store et l’App Store, la prochaine étape pour nous est d’intégrer plus de fonctionnalités dans notre wallet. Ainsi, nous sommes en train de préparer le wallet à supporter différentes applications de la finance décentralisés, comme les échanges (swaps) ou encore les prêts. À titre personnel, je suis convaincu que la DeFi a le potentiel nécessaire pour redistribuer les cartes. Ainsi, je m’implique autant que possible pour vulgariser et populariser la DeFi. J’ai créer un évènement mensuel avec deux autres membres de la communauté Ethereum (Arthur de Palo.IT et Mounir de Paraswap) à Paris : DeFi France. On sent clairement que les gens sont curieux à ce sujet. Notre premier évènement organisée en quelques jours en Octobre a attiré environ 85 personnes déjà ! Si ça intéresse tes lecteurs, le prochain sera le Mercredi 20 Novembre à Paris (Chatelêt).

7.Quel conseil donneriez-vous à une entreprise qui voudrait se lancer dans ce domaine aujourd’hui ?

C’est tellement complexe ! Permets de répondre en tant Brice, membre et contributeur de la communauté Ethereum et non Brice, Community Lead de Monolith. Je pense qu’au fond la clef, c’est la communauté. Si je reviens sur mon parcours personnel, ce que j’ai réussi à accomplir pour moi aussi bien que pour Monolith, c’est évident. Ça semble un peu bateau dis comme ça, mais il faut bien comprendre pourquoi c’est le cas. Les projets construit sur des blockchains se veulent transparents, décentralisés, facilement interopérables et sans intermédiaires. Tu n’obtiens pas un tel résultat avec juste du code. Non. La seule manière de garantir la pérennité d’un tel projet, c’est d’avoir une communauté solide derrière. Dans un premier temps, la communauté a abordé ça dans une perspective très financière : game theory et incentivization. En bref, on récompense (financièrement) ceux qui contribuent au maintient du réseau. C’est top, ça marche bien pour des choses basiques comme sécuriser des blockchains (minage). Cependant je pense qu’il faut désormais qu’on s’élève, qu’on dépasse la dimension pécuniaire. C’est ce qui me rend très optimiste pour Ethereum. Oui, l’argent fait parti de l’équation mais néanmoins je retrouve des valeurs communes partagées par tous. J’aime cette communauté car elle est lucide. On comprend tous bien qu’on est pas là pour jouer aux billes, mais bien pour repense la manière dont la collaboration interindividuelle s’organise, ce qui aboutira, si nous y arrivons, à une redéfinition du contrat social.

Merci à Brice, «Community Lead » du projet Monolith (TKN) pour cette interview. PassionCrypto.com


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